Oui, j'ai mis du temps pour me décider à poster ma critique sur le tout nouvel album d'FQJDB!!
La raison est simple: j'étais, et demeure assez mitigée sur cet album, qui, par bien des aspects, reste fidèle aux bonnes vieilles sonorités que l'on adore, ainsi qu'à l'ambition du groupe d'aller toujours plus loin ("Heavy" parlant); pourtant, certains petits détails me titillent un peu, et heureusement je parviens peu à peu à les assimiler malgré moi. Mais revenons au sujet de base, la CRITIQUE en elle-même, et le "song by song" qui suit.
Si le mot qui qualifiait le mieux The Divine Conspiracy* était « plus », je me demandai à première écoute - lors du concert à Veenendaal, où l'album était joué en intégralité - si celui qui décrivait le mieux Design Your Universe n'était pas « trop »... Lors de leur performance, mes oreilles percevaient avec difficulté ce « gros tas » de batterie surdéveloppée, de solos de guitare multipliés et parfois injustifiés, et de chant guttural posé à tout va. Heureusement, mon opinion, après maintes écoutes, s'est nettement améliorée.
A noter dès le commencement la présence authentique de ce à quoi le groupe nous a agréablement habitués depuis leurs débuts, c'est-à-dire une traditionnelle intro orchestrale et des ch½urs très présents; puis, les passages instrumentaux du claviériste Coen Janssen, un échange équitable entre les deux interprètes, Simone Simons et Mark Jansen, et des parties plus lourdes, notamment grâce à la batterie d'Ariën Van Weesenbeek. Le groupe accueille de plus un nouveau membre pour succéder à Ad Sluijter en la personne d'Isaac Delahaye; et c'est tout à fait l'influence qui fait la différence! Désormais, Le sextet ne rechigne plus à livrer de nombreux solos à leurs fans; parfois, on les ressent comme étant de trop; mais les mélodies parviennent toujours à nous enchanter.
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Samadhi
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(Pour connaître la signification de «Samadhi»)
Cette intro est aussi réussie que les précédentes; elle aurait d'ailleurs mérité d'être enregistrée à l'aide d'un orchestre réel. Samadhi rappelle Hunab K'u de par sa vivacité et ses ch½urs tout aussi passionnés. Ce thème musical sera entendu dans la chanson-titre, ainsi que dans celle qui lui succède... _______________________________________________________________________________________
Resign To Surrender
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Resign est l'une des premières chansons que les fans ont eu l'opportunité d'écouter, bien avant la sortie de l'album. Elle est de même la quatrième partie de la série «A New Age Dawns», série débutée dans l'album Consign To Oblivion.
On perçoit dès les premiers grunts de Mark que la musique frôle l' «extrême», ce qui n'est pas pour nous déplaire! Toutefois, les ch½urs et la symphonie de ce morceau rappellent (un peu trop) fortement le groupe italien Rhapsody. Une ressemblance qui va être appuyée par les passages parlés d'Ariën, qui jonchent ce premier titre, et qui est une technique dont le groupe cité plus haut adore user. Néanmoins, Resign To Surrender est l'une des chansons-phares de cet opus, avec un solo très efficace, accompagné du chant de Simone plutôt puissant et dénonciateur.
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Unleashed
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C'est «le morceau le plus commercial de l'album», nous dit Simone. Unleashed a d'ailleurs été choisi comme premier single de ce quatrième album. Si les grunts sont effectivement absents et que le morceau ne dure «que» 5'48 minutes, Unleashed est loin devant le décevant Never Enough*. Sa rythmique et son côté entraînant peuvent rappeler ceux de Quietus; quant aux ch½urs, ils scandent haut et fort leurs parties; Simone, encore une fois, ne lésine pas sur la puissance de sa voix, et la fin en crescendo est très émouvante.
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Martyr of the Free Word
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Des riffs soutenus introduisent ce morceau très varié. En effet, après la tempête qui s'abat sur l'auditeur, ornée de quelques parties de synthé typiques du groupe, la rythmique se ralentit pour nous réchauffer de notes orientales du meilleur acabit. La voix de Simone se fait elle aussi très agréable et chaleureuse; cependant, le refrain reprend la fureur initiale pour présenter un duo de grunts et screams Mark/Ariën.
A noter des ch½urs plus grégoriens, qui contrastent le morceau par leur légèreté céleste.
Même si le solo n'a pas trop de sens quand il atteint mes oreilles, la fin redouble de rage, sans pour autant altérer la puissance de ses sonorités mélodiques. Sans conteste, l'un des meilleurs morceaux!
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Our Destiny
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Mon enthousiasme engendré par l'écoute des premiers titres se rompt quelque peu à l'écoute de Our Destiny. Les couplets procurent un sentiment étrange de vide, tandis que le refrain se fait un peu trop accessible à mon goût. Mais le pont et les ch½urs sont très épiques, quoique le solo gâche un peu cette ambiance. J'apprécie aussi la fin colorée de ch½urs et des vocalises douces et lyriques de Simone, qui clôture élégamment cette chanson.
A noter que les paroles, d'après la chanteuse elle-même, traite de la fin de sa relation avec Mark.
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Kingdom of Heaven
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Le fameux morceau qui a fait couler beaucoup d'encres (ou fait taper beaucoup de mots!); en effet, Mark avouait quelques temps avant la sortie de l'album que Kingdom of Heaven était sa chanson préférée, tous albums confondus. Naturellement, cet engouement n'était pas sans fondement, et contrairement à un titre comme The Divine Conspiracy*, pas une seule fois on ne s'ennuie à l'écoute de ce Royaume des Cieux! Tout le monde y trouvera son compte, que ce soit pour les nombreux effets d'attente, les passages plus violents ou le refrain oriental très dansant! Le morceau jongle entre parties lentes et rapides, passages doux et brutaux sans frustrer l'auditeur. Ces 13 minutes et quelques sont un vrai régal et passent très vite; elle laissent place à une interlude en guise d'entracte.
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The Price of Freedom
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Je ne pourrais rien affirmer quant à la nature des discours prononcés pendant The Price of Freedom, mais il se pourrait bien que certains mots appartiennent à des discours de Martin Luther King, ou à d'autre hommes politiques qui se sont battus en faveur de la liberté. Un passage de l'opus très intéressant, à peine accompagné de notes de piano entêtantes mais discrètes, avant que les orchestrations s'amplifient pour s'enchaîner au morceau suivant.
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Burn to A Cinder
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Après Our Destiny, je dois dire que cette chanson partage elle aussi mon opinion. Les couplets sont réussis, avec une Simone qui s'amuse à transformer sa voix sur les notes plus graves; néanmoins, je trouve le refrain peu convaincant, un peu trop accessible par rapport aux couplets, et si l'on considère que les paroles ont été inspirées d'Entretien avec un Vampire, il est sûr que la plupart des auditeurs ne se seraient pas attendus à ça. Quoiqu'il en soit, si la fin rappelle Dreamflight d'After Forever, où la voix de Floor Jansen se fait très fragile et aiguë, elle s'enchaîne magnifiquement avec la ballade Tides of Time.
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Tides of Time
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Il semblerait que cette ballade-ci parvienne à concurrencer Feint, la meilleure ballade d'Epica à mon humble avis, et jusqu'alors! Même si on ne peut pas vraiment comparer ces deux titres, la qualité de Tides of Time est sans conteste celle espérée depuis la composition de titres peut-être un peu plus faibles, comme Solitary Ground ou Safeguard to Paradise* - toujours selon moi. On doit en grande partie celà à notre chanteuse, qui explore en effet de nombreuses -et nouvelles - manières de chanter: tout d'abord légère et douce, sa voix se fait lyrique et très aiguë pendant le refrain, et plus que puissante durant le pont: une réelle prouesse, qui me fait à nouveau penser à Floor Jansen! Les lauriers devraient ceci dit revenir aussi à Coen Janssen, qui a composé le titre à lui tout seul.
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Deconstruct
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J'ai l'impression que Deconstruct est le seul titre qui contienne réellement ce qu'on pourrait appeler le «bon vieux son» d'Epica. D'ailleurs, c'est certainement la chanson à laquelle j'ai le plus vite accroché. Rien à redire sur cette composition, qui pourrait rappeler Blank Infinity ou Sancta Terra*; le refrain est intéressant, grâce à Simone et Mark qui semblent interpréter les rôles opposés de l'Egoïsme et de la Raison dans toute leur splendeur.
Le pont confronte trois lignes de chant en même temps, faisant penser à un tourment de pensées, ce qui donne du relief à ce passage plus calme.
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Semblance of Liberty
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Sur ce titre, Mark cède la majeure partie des grunts au batteur Ariën Van Weesenbeek, qui s'en sort à merveille aussi bien en studio qu'en live, soit dit en passant! La première partie de ce titre possède une structure simple, mais elle cède bientôt la place à un duo de grunts (interprétés cette fois par Mark) et de ch½urs, toujours très inquisiteurs. Le groupe a de plus introduit un discours de George W. Bush; l'ex-président y parle de l'augmentation des taxes, et de sa réponse au Congrès des Etats-Unis à ce sujet. Un écho à son cher ami Tony Blair, qui fait lui aussi son apparition sur un ancien titre d'EPICA, Facade of Reality.
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White Waters
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C'est à ce moment que le Guest choisi par le groupe pour cet opus fait son entrée; ambiance aérienne, épurée et plus que rêveuse pour Tony Kakko sur la ballade White Waters, qui chante tout du long d'une voix calme, alors que Simone, au timbre presque fantomatique, apparaît sur le refrain pour l'accompagner. Mais le crescendo du pont parvient difficilement à nous rassasier et à nous satisfaire pleinement de la présence du talentueux chanteur. A savoir d'ailleurs que ce titre n'était pas celui initialement choisi pour le finlandais. On peut toutefois reconnaître l'originalité de ce titre et la sérénité qu'il procure.
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Design Your Universe
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Comme je le disais plus haut, alors que la chanson-titre de The Divine Conspiracy* en avait déplu beaucoup, celle de Design Your Universe devrait en réconcilier bon nombre parmi les fans. Un effet d'attente progressif dès l'intro et dans les couplets, du punch dans les parties grunts et un refrain finalement très épique, avec ses ch½urs féminins plein de vivacité. Dommage que les riffs de guitare s'apparentent largement à du Néo Metal, genre honnis par de nombreux puristes.
Si Mark hurle « Design Your Own Universe! » sur un torrent de double pédale enragée, il est suivi de symphonie et de ch½urs inquisiteurs très largement inspirés d'un Requiem Mozartien. La fin est synonyme d'accalmie, et le thème final me fait penser au passage instrumental qui clôturait The Phantom Agony. En prime, nous avons droit à quelques notes de piano qu'on aime réentendre au sein de l' univers d'Epica. Simone achève le morceau de sa voix la plus effacée, terminant cet opus sur un ton assez mélancolique.
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Incentive (Bonus)
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Le groupe nous offre un bonustrack, Incentive: seul Mark intervient sur ce morceau, à la manière, encore une fois, d'un No Control d'After Forever. Le solo est certainement mon préféré de tout l'album, et ne tombe aucunement comme un cheveu sur la soupe. Les quelques ch½urs qui l'accompagnent ajoutent du rythme à ce morceau efficace et rentre-dedans.
Les paroles, quoique simples, sont aussi catchy que la musique qui les porte.
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ Au final, bien que je demeure mitigée sur certains détails, Epica réussit une fois de plus à ravir ses fans en ajoutant, contrairement à d'autres groupes, toujours plus de brutalité et de punch, afin de contraster la symphonie de leur musique. Toutefois, il manquerait peut-être à Design Your Universe une légère touche d'originalité et de renouveau que The Divine Conspiracy* possédait dans nombre de ses titres. Prochaine étape, peut-être?...
* Voir la critique de The Divine Conspiracy